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APPKÊTS DES TISSUS.
teau qu’il tient incliné des sillons parallèles et aussi rappro-chés entre eux que le sont les fils de la chaîne. On voit qu’ilfaut une certaine habitude pour que l’opération soit exécutéerégulièrement sans accident, et assez promptement, car ce tra-vail est fort peu rétribué. On paye à Amiens , qui est le principallieu de production, de 6 fr. à 6 fr. 50 c. pour couper une demi-pièce de 42 mètres de longueur sur 0 m ,75 à 0 m ,76 de largeur,qui demande trois jours à un bon ouvrier. Il résulte d’après celaque les procédés de fabrication pour le velours de coton sont toutdifférents, bien plus économiques que ceux employés pour celuien soie. Pour celui-ci, en effet, il faut une bien plus grande quan-tité de fils, puisque le coupage a lieu transversalement et per-pendiculairement à la direction d’une des chaînes, à celle du poil,qui a ordinairement six fois plus de longueur que celle de l’étoffe.Le procédé qu’on est obligé de pratiquer par suite de cette dispo-sition est également beaucoup plus long, puisqu’il faut placer etretirer un grand nombre de fers ou baguettes qui servent à for-mer les boucles. Aussi sommes-nous étonnés qu’on ne pro-duise pas au moins certaines variétés ordinaires de velours desoie par les moyens si simples dont on fait usage pour ceux ducoton.
Quoique la manière de couper le velours de coton soit assezsimple, les Anglais l’ont trouvée trop longue et trop dispen-dieuse. Au lieu de tracer les sillons parallèles, un à un et succes-sivement sur la largeur du tissu, ils ont eu l’idée de construireune machine marchant par un moteur quelconque et faisant fonc-tionner plusieurs lames simultanément. Cette ingénieuse inven-tion est due à MM. William Wells et Georges Schobfield. Lamachine a pour fonctions , non-seulement de faire mouvoir plu-sieurs couteaux à la fois, mais encore d’éviter les accidents;si un nœud ou toute autre inégalité ou résistance venait à seprésenter à l’une des lames , ou si, par une cause quelconque,l’une d’elles se déplaçait ou perçait le velours, le travail estarrêté aussitôt de lui-même. La fig. 82 donne une élévation enprofil de la machine ; la fig. 83 en est une vue en plan ; et lafig. 84 est une vue de bout, du côté droit.
On n’a pas changé la forme des couteaux, ils conservent celle