APPRÊTS DES TISSUS.
719
disposé pour livrer passage à la vis V, qu’on peut faire monteret descendre à volonté par le levier t. En descendant elle est reçuedans un pivot en fer fixé dans une planche b' en bois qui presseuniformément le tissu E. Pour exposer l’étoffe à la vapeur, on lareplie sur elle- même comme l'indique la fig . 9, sans rien interposerentre les plis. Lorsqu’on en a monté ainsi une certaine hauteur,on la recouvre seulement d’une toile qui enveloppe la pile de toutesparts, et on pose la table en bois 6 par-dessus. On livre passage à lavapeur en ouvrant un robinet qui pénètre dans la table creuse etse dégage par les petits trous pour en imprégner le tissu qu’onpresse plus ou moins, en serrant la vis sur la table b. La pres-sion que l’on exerce doit aller en augmentant avec chacune desexpositions à la vapeur. Leur nombre est ordinairement de troisà quatre. Si l’on commençait par une pression trop énergique,on exposerait le tissu à des marbrages , s’il contenait encorequelques corps étrangers, car alors la vapeur les fixerait ; cesont ordinairement des traces de savon ou de graisse laissées parles opérations du foulage ou du dégraissage, et qui ressortent irré-gulièrement à la surface lors des apprêts. En appliquant la vapeursous une pression faible d’abord, il devient beaucoup plus facilede faire disparaître ce genre d’accident, s’il s’en présente. Lespremiers passages ont pour but de contribuer à donner unlustre et un brillant persistant, que l’on nomme par cetteraison apprêt indestructible. Les derniers sont destinés àaffaiblir le lustrage qui aurait un aspect plaqué métallique , àdécatir, en un mot à rendre les apprêts persistants et imper-méables à l’eau. L’action du fluide gazeux sur les filaments les ra-mollit, les rend plus flexibles, plus faciles à coucher, plus propresà former une surface lisse et brillante par le pressage, qui produiten quelque sorte sur les tissus de laine les effets d’un fer chaudsur les cheveux ou que le repassage opère sur le linge en général.
Le décatissage à la table est intermittent, et l’appareil a l’in-convénient de laisser dégager dans la pièce la vapeur qui passe àtravers la toile et qui peut avoir une action nuisible sur les per-sonnes qui s’y trouvent exposées.
M. Mouchard d’Elbeuf a imaginé, depuis quelque temps, unappareil continu à décatir et à lustrer, dont l’usage commence à