QUELQUES RÉFLEXIONS
SUR
LES LETTRES PERSANES.
jR i en n’a plu davantage dans les l ettresPersanes, que d’y trouver sans y penser uneespèce de Roman . On en voit le commen-cement , le progrès, la fin ; les divers per-sonnages sont placés dans une chaîne quiles lie. A mesure qu’ils font un plus longséjour en Europe , les mœurs de cette partiedu Monde prennent dans leur tête un airmoins merveilleux et moins bizarre, et ilssont plus ou moins frappés de ce bizarre etde ce merveilleux, suivant la différencede leurs caractères. D’un autre côté, le dé-sordre croit dans le Sérail d’Asie , à pro-portion de la longueur de l’absence d’Us-bek, c’est-à-dire, à mesure que la fureuraugmente , et que l’amour diminue.
D’ailleurs, ces sortes de Romans réussis-sent ordinairement, parce que l’on rend-ompte soi-même de sa situation actuelle :qui fait plus sentir les passions que tous' récits qu’on en pourroit faire. Et c’estte des causes du succès de quelques ou-rages charmons qui ont paru depuis lesLettres Persanes.
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