Persanes. i5
de mon cœur , il se repose et jouit d’unesécurité entière. Tu fais la garde dans lesilence de la nuit, comme dans le tumultedu-jour. Les soins infatigables soutiennentla vertu, lorsqu’elle chancelle. Si les fem-mes que tu gardes vouloient sortir de leurdevoir, tu leur en ferois perdre l’espérance.Tu es le fléau du vice , et la colonne de lafidélité.
Tu leur commandes et leur obéis ; tuexécutes aveuglément toutes leurs volon-tés, et leur fais exécuter de même les loixdu Sérail : tu trouves de la gloire à leurrendre les services les plus vils : tu te sou-mets avec respect et avec crainte à leursordres légitimes : tu les sers comme l’es-clave de leurs esclaves. Mais par un retourd’empire, tu commandes en maître commemoi-même , quand tu crains le relâche-ment des loix de la pudeur et de la mo-destie.
Souviens-toi toujours du néant d’où jet’ai fait sortir, lorsque tu étois le dernierde mes esclaves, pour te mettre en cetteplace et te confier les délices de mon cœur :tiens-toi dans un profond abaissement au-près de celles qui partagent mon amour ;mais fais-leur en même temps sentir leurextrême dépendance. Procure-leur tous lesplaisirs qui peuvent être innocens : trompeleurs inquiétudes : amuse-les par la mu-sique , les danses, les boissons délicieuses ;