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5 (1805) Lettres Persannes
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j 3 Lettres

tu nous fis passer en un instant dans millesituations différentes : toujours de nouveauxcommandemens et une obéissance toujoursnouvelle. Je te lavoue, Usbek, une passionencore plus vive que lambition me fit sou-haiter de te plaire. Je me vis insensible-ment devenir la maîtresse de ton cœur ; tume pris, tu me quittas 5 tu revins à moi, etje sus te retenir : le triomphe fut tout pourmoi, et le désespoir pour mes rivales : ilnous sembla que nous fussions seuls dansle monde ; tout ce qui nous entouroit nefrit plus digne de nous occuper. Plût auciel que mes rivales eussent eu le couragede rester témoins de toutes les marquesdamour que je reçus de toi ! Si elles avoientbien vu mes transports, elles auroient sentila différence quil y a de mon amour auleur j elles auroient vu que , si elles pou-voient disputer avec moi de charmes, ellesne pouvoient pas disputer de sensibilité.Mais suis-je ? memmène ce vainrécit ? Cest un malheur de nêtre pointaimée ; mais cest un affront de ne lêtre plus.Tu nous quittes Usbek, pour aller errer dansdes climats barbares. Quoi ! tu comptes pourrien lavantage dêtre aimé ? Hélas ! tu nesais pas même ce que tu perds. Je poussedes soupirs qui ne sont point entendus ; meslarmes coulent, et tu nen jouis pas; il sem-ble que lamour respire dans le Sérail, et ton