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que je ne vis que pour t’adorer : mon ameest toute pleine de toi ; et ton absence, bienloin de te faire oublier, animeroit mon amour,s’il ponvoit devenir plus violent.
LETTRE VIII.
USBEK A SON AMI R U S T A N ,A Ispahan .
T*A lettre m’a été rendue à Erzeron où jesuis. Je m’étois bien douté que mon départferoit du bmit ; je ne m’en suis point mis enpeine. Que veux-tu que je suive? la prudencede mes ennemis ou la mienne?
Je parus à la cour dès ma plus tendrejeunesse. Je le puis dire, mon cœur ne s’ycorrompit point : je formai même un grand.dessein ; j’osai y être vertueux. Dès que jeconnus le vice , je m’en éloignai ; mais jem’en approchai ensuite pour le démasquer.Je portai la vérité jusqu’au pied du trône ;j’y parlai un langage jusqu’alors inconnu :je déconcertai la flatterie, et j’étonnai enmême temps les adorateurs et l’idole.
Mais , quand je vis que ma sincérité