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amis. . . Non, Rustan, je ne veux point melivrer à cette triste pensée : je leur seraitoujours cher ; je compte sur leur fidélitécomme sur la tienne.
D’Erzeron, le 20 de la lunede Gemmadi, 2 , i«ju.
LETTRE IX.
Le premier. Eunuque a Ibbi,A Erzeron.
T*u suis ton ancien maître dans ses voya-ges ; tu parcours les provinces et les royau-mes : les chagrins ne sauroient faire d’im-pression sur toi ; chaque instant te montredes choses nouvelles 5 tout ce que tu vois terécrée, et te fait passer le temps sans lesentir.
Il n’en est pas de même de moi, qui, en-fermé dans une affreuse prison, suis toujoursenvironné des mêmes objets, et dévoré desmêmes chagrins. Je gémis, accablé sous lepoids des soins et des inquiétudes de cin-quante années, et, dans le cours d’une lon-gue vie, je ne puis pas dire avoir eu un jourserein, et un marnent tranquille.
Lorsque moa premier maître eut forméle cruel projet de me confier ses femmes,