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5 (1805) Lettres Persannes
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Persanes. 29

êt meut obligé , par des séductions soute-nues de mille menaces , de me séparerpour jamais de moi-même; las de servirdans, les emplois les plus pénibles, jecomptai sacrifier mes passions à mon reposet à ma fortune. Malheureux que jétois !mon esprit préoccupé me faisoit voir ledédommagement, et non pas la perte : jes-pérois que je serois délivré des atteintesde lamour, par limpuissance de le satis-faire. Hélas ! on éteignit en moi leffet despassions, sans en éteindre la cause ; et bienloin den être soulagé, je me trouvai envi-ronné dobjets qui les irritoient sans cesse.Jentrai daus le sérail, tout minspiroitle regret de ce que javois perdu : je m*sentois animé à chaque instant ; mille grâcesnaturelles sembloient ne se découvrir à mavue, que pour me désoler. Pour comble demalheur , javois toujours devant les yeuxun homme heureux. Dans ces temps detrouble, je nai jamais conduit une femmedans le lit de mon maître, je ne lai jamaisdéshabillée, que je ne sois rentré chez moila rage dans le cœur, et un affreux désespoirdans lame.

Voilà comme jai passé ma misérable jeu-nesse. Je navois de confident que moi-même. Chargé dennuis et de chagrins,il me les falloit dévorer : et ces mêmeslemmes , que jétois tenté de regarder avecdes yeux si tendres, je ne les envisageois

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