Persane- s. 37
je affaire d’aller me tuera travailler pour desgens dont je ne me soucie point? Je penseraiuniquement à moi ; je vivrai heureux. Quem’importe que les autres le soient ? Je meprocurerai tous mes besoins ; et pourvu queje les aie, je ne me soude point que tous lesautres Troglodites soient misérables.
On étoit dans le mois où l’on ensemenceles terres, chacun dit : Je ne labourerai monchamp que pour qu’il me fournisse le bledqu’il me faut pour me nourrir; une plusgrande quantité me serait inutile; je neprendrai point de la peine pour rien.
Les terres de ce petit royaume n’étoientpas de même nature ; il y en avoit d’arideset de montagneuses ; et d’autres qui, dansun terrein bas, étoient arrosées de plusieursruisseaux. Cette année, la sécheresse futtrès - grande ; de manière que les terres quiétoient dans les lieux élevés , manquèrentabsolument, tandis que celles qui purentêtre arrosées, furent très-fertiles. Ainsi, lespeuples des montagnes périrent presque tousde faim, par la dureté des autres qui leur re-fusèrent de partager la récolte.
L’année d’ensuite fut très-pluvieuse ; leslieux élevés se trouvèrent d’une fertilité ex-traordinaire, et les terres basses furent sub-mergées. La moitié du peuple cria une se-conde fois famine; mais ces misérables trou-vèrent des gens aussi durs qu’ils l’avoientété eux-mêmes.