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étrangers avoient pillé sa maison, et avoienttout'emporté.S’ils n’étoient pas injustes,ré-pondit-il, je souhaiterais que les Dieux leur en 'donnassent un plus long usage qu’à moi.
Tant de prospérités 11e furent pas regar-dées sans envie : les peuples voisins s’assem-blèrent ; et, sous un vain prétexte , ils réso-lurent d’enlever leurs troupeaux. Dès quecette résolution fut connue , les Trogloditesenvoyèrent au devant d’eux des ambassa-deurs, qui leur parlèrent ainsi :
« Que vous ont fait les Troglodites? Ont-» ils enlevé vos femmes, dérobé vos bes-» tiaux, ravagé vos campagnes ? Non, nous» sommes j us tes, et nous craignons les dieux.» Que demandez-vous donc de nous ? Vou-» lez-vous de la laine pour vous faire des» habits? Voulez-vous du lait de nos trou-» peaux, on des fruits de nos terres? Mettez» bas les armes, venez au milieu de nous, et» nous vous donnerons de tout cela. Mais» nous jurons par çe qu’il y a de plus sacré ,» que si vous entrez dans nos terres comme» ennemis, nous vous regarderons comme» un peuple injuste , et que nous vous trai-» terons comme des bêtes farouches. »
Ces paroles furent renvoyées avec mépris;ces peuples sauvages entrèrent armés dansla terre des Troglodites, qu’ils ne croyoientdéfendus que par leur innocence.
Mais ils étaient bien disposés à la dé-fense, Ils avoient xnis leurs femmes et leurs