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5 (1805) Lettres Persannes
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io 6 Lettres

quoi aurions-nous donc un privilège?Est-ceparce que nous sommes les plus forts ? Maiscest, une véritable injustice. Nous employonstoutes sortes de moyens pour leur abattre lecourage. Les forces seraient égales, si lé-ducation létoit aussi. Eprouvons-les dans lestalens que léducation na point affoiblis, etnous verrons si nous sommes si forts.

Il faut lavouer, quoique cela choque nosmœurs : chez les peuples les plus polis, lesfemmes ont toujours eu de lautorité sur leursmaris ; elle fut établie par une loi chez lesEgyptiens en lhonneur dIsis ; et chez lesBabyloniens ,en lhonneur de Sémiramis. Ondisoit des Romains, quils commandoient àtoutes les nations, mais quils obéissoient àleurs femmes. Je ne parle point des Sauro-mates, qui étaient véritablement dans la ser-vitude de ce sexe ; ils étaient trop barbares,pour que leur exemple puisse être cité.

Tu vois, mon cher Ibben, que jai pris legoût de ce pays-ci, lon aime à soutenirdes opinions extraordinaires, et à réduiretout en paradoxe. Le prophète a décidé laquestion, et a réglé les droits de lun et delautre sexe. Les femmes, dit-il, doiventhonorer leurs maris; leurs maris les doiventhonorer 5 mais ils ont lavantage dun degrésur elles.

J V Paris, le 26 de la lune deGemjnadi , 2 , ipi,

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