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quoi aurions-nous donc un privilège?Est-ceparce que nous sommes les plus forts ? Maisc’est, une véritable injustice. Nous employonstoutes sortes de moyens pour leur abattre lecourage. Les forces seraient égales, si l’é-ducation l’étoit aussi. Eprouvons-les dans lestalens que l’éducation n’a point affoiblis, etnous verrons si nous sommes si forts.
Il faut l’avouer, quoique cela choque nosmœurs : chez les peuples les plus polis, lesfemmes ont toujours eu de l’autorité sur leursmaris ; elle fut établie par une loi chez lesEgyptiens en l’honneur d’Isis ; et chez lesBabyloniens ,en l’honneur de Sémiramis. Ondisoit des Romains, qu’ils commandoient àtoutes les nations, mais qu’ils obéissoient àleurs femmes. Je ne parle point des Sauro-mates, qui étaient véritablement dans la ser-vitude de ce sexe ; ils étaient trop barbares,pour que leur exemple puisse être cité.
Tu vois, mon cher Ibben, que j’ai pris legoût de ce pays-ci, où l’on aime à soutenirdes opinions extraordinaires, et à réduiretout en paradoxe. Le prophète a décidé laquestion, et a réglé les droits de l’un et del’autre sexe. Les femmes, dit-il, doiventhonorer leurs maris; leurs maris les doiventhonorer 5 mais ils ont l’avantage d’un degrésur elles.
J V Paris, le 26 de la lune deGemjnadi , 2 , ipi,
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