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des hommes. Cependant il faut l’avouer
ils valent la peine qu’on les détrompe.
J’ai passé quelques jours dans une maisonde campagne auprès de Paris , chez unhomme de considération qui est ravi d’avoirde la compagnie chez lui. Il a une femmefort aimable , et qui joint à une grandemodestie une gaieté que la vie retirée ôtetoujours à nos dame» de Perse.
Étranger que j’étois , je n’avois rien demieux à faire que d’étudier cette foule degens qui y abordoient sans cesse , et quime présentaient toujours quelque chose denouveau. Je remarquai d’abord un hommedont la simplicité me plut : je m’attachaià lui, il s’attacha à moi 5 de sorte que nousnous trouvions toujours l’un auprès del’autre.
Un jour que dans un grand cercle nousnous entretenions en particulier , laissant.les conversations générales à elles-mêmes ;vous trouverez peut-être en moi, lui dis-je,plus de curiosité que de politesse ; maisje vous supplie d’agréer que je vous fassequelques questions , car je m’ennuie den’être au fait de rien , et de vivre avecdes gens que je ne saurois démêler. Monesprit travaille depuis deux jours : il n’ya pas un seul de ses hommes qui ne m’aitdonné deux cents fois la torture , et jene les devinerois de mille ans : ils .me sontplus invisibles que les femmes de notre