Persanes. 129
le grotesque du genre humain. Ces gens-làdisent qu’ils sont nés ce qu’ils sont ; celaest vrai, et aussi ce qu’ils seront toute leurvie , c’est-à-dire , presque toujours les plusridicules de tous les hommes : aussi ne lesépargne-tmn point : on verse sur eux lemépris à pleines mains. La famuie a faitentrer celui-ci dans cette maison ; et il yest bien reçu du maître et de la maîtressedont la bonté et la politesse ne se démententà l’égard de personne. Il fit leur épitha-lame lorsqu’ils se marièrent : c’est ce qu’ila fait de mieux en sa vie ; car il s’est trouvéque le mariage a été aussi heureux qu’il l’aprédit.
Vous ne le croiriez pas peut-être, ajouta-t-il , entêté comme vous êtes des préjugésde l’Orient ; il y a parmi nous des ma-riages heureux, et des femmes dont lavertu est un gardien sévère. Les gens dontnous parlons, goûtent entre eux une paixqui ne peut être troublée : ils sont aiméset estimés de tout le monde : il n’y aqu’une chose, c’est que leur bonté natu-relle leur fait recevoir chez. eux toute sortede monde ; ce qui fait qu’ils ont quelque-fois mauvaise compagnie. Ce n’est pas queje les désaprouve , il faut vivre avec leshommes tels qu’ils sont : les gens qu’ondit être de si bonne compagnie ne sontsouvent que ceux dont les vices sont plusraffinés et peut-être en est-il comme des
F 5