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5 (1805) Lettres Persannes
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poisons , dont les plus subtils sont aussi les

pins dangereux.

Et ce vieux homme , lui dis-je tout bas,qui a lair si chagrin ? Je lai pris dabordpour un étranger , car, outre quil est ha-billé autrement que les autres , il censure-tout ce qui se fait en France , et nap-prouve pas votre gouvernement. Cest uuvieux guerrier, me dit-il , qui se rendmémorable à tous ses auditeurs par la lon-gueur de ses exploits. Il ne peut souffrirque la France ait gagné des bataillesil ne se soit pas trouvé , ou quon vanteun siège il nait pas.monté à la tran-chée ; il se croit si nécessaire à notre his-toire , quil simagine quelle finit il afini : il regarde quelques blessures quil areçues , comme la dissolution de la monar-chie ; et à la différence de ces philosophesqui disent quon ne jouit que du présent ,et que le passé nest rien, il'ne jouit aucontraire que du passé , et nexiste quedans les campagnes quil a faites : il res-pire dans les temps qui se sont écoulés,commes les héros doivent vivre dans ceuxqui passeront après eux. Mais pourquoi ,dis-je , a-t-il quitté le service ? Il ne lapoint quitté , me répondit-il, mais le ser-vice la quitté : ou la employé dans unepetite place , il racontera ses aventures-le reste de ses jours : mais il nira jamaisplus loin, le chemin des honneurs lui est