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5 (1805) Lettres Persannes
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147
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Persahes, 147

tout ce qui se dit dans la chambre voisine.Un homme qui se promenoit à grands pas ,disoit à un autre : Je ne sais ce que cest ;mais tout se tourne contre moi. IL y a plusde trois jours que je nai rien dit qui maitfait honneur -, et je me suis trouvé con-fondu pêle-mêle dans toutes les conversa-tions, sans quon ait fait la moindre atten-tion à moi, et quon mait deux fois adresséla parole. Javois préparé quelques sailliespour relever mon discours ; jamais on 11avoulu souffrir que je les fisse venir : javoisun conte fort joli à faire ; mais à mesureque jai voulu lapprocher , on la esquivécomme si on lavoit fait exprès : jai quel-ques bons mots, qui depuis quatre joursvieillissent dans ma tête , sans que jen aiepu faire le moindre usage. Si cela conti-nue , je crois quà la fin. je, serai un sotjil semble que ce soit mon étoile, et queje ne puisse men dispenser. Hier javoisespéré de briller avec trois ou quatre vieillesfemmes, qui certainement ne men im-posent point, et je de vois dire les plusjolies choses du monde. Je fus plus dunquart dheure à diriger ma conversation ;mais elles ne tinrent jamais un propos suivi,et elles coupèrent, comme des parques fa-tales , le fil de tous mes discours. Veux-tuque je te dise ? la réputation de bel espritcoûte bien à soutenir. Je ne sais commenttu as fait pour y parvenir. Il me vient;

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