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5 (1805) Lettres Persannes
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une pensée , reprit lautre : travaillons deconcert à nous donner de lesprit ; asso-cions-nous pour cela. Chaque jour nousnous dirons de quoi nous devons parler 3et nous nous secourrons si bien, que siquelquun vient nous interrompre au mi-lieu de nos idées , nous lattirerons nous-mêmes ; et sil ne veut pas venir de bongré , nous lui ferons violence. Nous con-viendrons des endroits il faudra approu-ver , de ceux il faudra sourire, desautres il faudra rire tout-à-fait età gorge déployée. Tu verras que nousdonnerons le ton à toutes les conversa-tions , et quon admirera la vivacité denotre esprit et le bonheur de nos reparties.Nous nous protégerons par des signes detête mutuels. Tu brilleras aujourdhui, de-main tu seras mon second. Jentrerai avectoi dans une maison , et je mécrierai en temontrant : il faut que je vous dise uneréponse bien plaisante que monsieur vientde faire à un homme que nous avons trouvédans la rue. Et je me tournerai vers toi : ilne sy attendoit pas, il a été bien étonné. Jeréciterai quelques-uns de mes vers, et tudiras : Jy étois quand il les fit ; cétoit dansun souper, et il ne rêva pas un moment.Souvent même nous nous raillerons toi etmoi, et lon dira : Voyez comme ils satta-quent, comme ils se défendent ; ils ne sé-pargnent pas 3 voyons comment il sortira