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plutôt neuf ou dix siècles, rangées autourd’une table ; je les ai vues dans leurs espé-rances , dans leurs craintes, dans leurs joies,sur-tout dans leurs fureurs. Tu aurois ditqu’elles n’auroient jamais le temps de s’ap-paiser, et que la vie alloit les quitter avantleur désespoir : tu aurois été en doute siceux qu’elles payoient étoient leurs créan*’eiers ou leurs légataires.
Il semble que notre saint prophète ait euprincipalement en vue de nous priver detout ce qui peut troubler notre ra.son : ilnous a interdit l’usage du vin , qui la tientensevelie ; il nous a, par un précepte ex-près, défendu les jeux de hasard ; et quandil. lui a été impossible d’ôter la cause despassions, il les a amorties. L’amour parminous ne porte ni trouble ni fureur: c’est unepassion languissante qui laisse notre amedans le calme : la pluralité des femmes noussauve de leur empire 5 elle tempère la vio-lence de nos désirs.