Persanes.
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LETTRE L V I I.
USBEK A RhEDI,
Les libertins entretiennent ici un nombreinfini de filles de joie, et les dévots nn nom-bre innombrable de dervis. Ces dervis fonttrois vœux, d’obéissance , de pauvreté et dechasteté. On dit que le premier est le mieuxobservé de tous ; quant au second, je te ré-ponds qu’il ne l’est point} je te laisse à jugerdu troisième.
Mais, quelque riches que soient ces dervis,ils ne quittent jamais la qualité de pauvres ;notre glorieux sultan renonceroit plutôt àses magnifiques et sublimes titres 3 ils ontraison , car ce titre de pauvres les empêchede l’être.
Les médecins et quelques - uns de cesdervis qu’on appelle confesseurs , sont tou-jours ici ou trop estimés, ou trop méprisés:cependant on dit que les héritiers s’accom-modent mieux des médecins que des con-fesseurs.
Je fus l’autre jour, dans un couvent deces dervis. Un d’entre eux, vénérable pui-ses cheveux blancs, m’accueillit fort hon-
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