Persanes. iSj
qu’ils ne l’obtiennent, et qui disent à Dieu :Seigneur, j’ai accompli les conditions à larigueur ; vous ne pouvez vous empêcher detenir vos promesses : comme je n’en ai pasfait plus que vous n’en avez demandé, jevous dispense de m’en accorder plus quevous n’en avez promis.
Nous sommes donc des gens nécessaires,Monsieur. Ce n’est pas tout pourtant ; vousallez bien voir autre chose. L’action ne faitpas le crime, c’est la connoissance de celuiqui la commet : celui qui fait un mal, tandisqu’il peut croire que ce n’en est pas un, esten sûreté de conscience : et comme il y a unnombre infini d’actions équivoques , un ca-suiste peut leur donner un degré de bontéqu’elles n’ont point, en les déclarant bonnes :et pourvu qu’il puisse persuader qu’ellesn’ont point de venin, il le leur ôte tout entier.
Je vous dis ici le secret d’un métier oùj’ai vieilli ; je vous en fais voir les raffine-mens : il y a un tour à donner à tout, mêmeaux choses qui en paraissent le moins sus-ceptibles. Mon Père, lui dis-je, cela est fortbon : mais comment vous accommodez-vousavec le ciel? Si le Sôphi avoît à sa cour unhomme qui fît à son égard ce que vous faitescontre votre Dieu , qui mît de la différenceentre ses ordres , et qui apprît à ses sujetsdans quel cas ils doivent les exécuter, dansquel autre ils peuvent les violer, il le ferait