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5 (1805) Lettres Persannes
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Persanes. iSj

quils ne lobtiennent, et qui disent à Dieu :Seigneur, jai accompli les conditions à larigueur ; vous ne pouvez vous empêcher detenir vos promesses : comme je nen ai pasfait plus que vous nen avez demandé, jevous dispense de men accorder plus quevous nen avez promis.

Nous sommes donc des gens nécessaires,Monsieur. Ce nest pas tout pourtant ; vousallez bien voir autre chose. Laction ne faitpas le crime, cest la connoissance de celuiqui la commet : celui qui fait un mal, tandisquil peut croire que ce nen est pas un, esten sûreté de conscience : et comme il y a unnombre infini dactions équivoques , un ca-suiste peut leur donner un degré de bontéquelles nont point, en les déclarant bonnes :et pourvu quil puisse persuader quellesnont point de venin, il le leur ôte tout entier.

Je vous dis ici le secret dun métierjai vieilli ; je vous en fais voir les raffine-mens : il y a un tour à donner à tout, mêmeaux choses qui en paraissent le moins sus-ceptibles. Mon Père, lui dis-je, cela est fortbon : mais comment vous accommodez-vousavec le ciel? Si le Sôphi avoît à sa cour unhomme qui fît à son égard ce que vous faitescontre votre Dieu , qui mît de la différenceentre ses ordres , et qui apprît à ses sujetsdans quel cas ils doivent les exécuter, dansquel autre ils peuvent les violer, il le ferait