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5 (1805) Lettres Persannes
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Persanes. i5$

savent rétablir sur un visage une beauté quichancelle , et même rappeler une femme dusommet de la vieillesse pour la faire redes-cendre jusquà la jeunesse la plus tendre.

Tous ces gens- vivent, ou cherchent àvivre, dans une ville qui est la mère delinvention.

Les revenus des citoyens ne sy affermentpoint ; ils ne consistent quen esprit et enindustrie : chacun a la sienne , quil faitvaloir de son mieux.

Qui voudroit nombrer tous les gens de loiqui poursuivent le revenu de quelque mos-quée , aurait aussitôt compté les sables de lamer et les esclaves de notre monarque.

Un nombre infini de maîtres de langues,d'arts et de sciences, enseignent ce quils nesavent pas : et ce talent est bien considéra-ble ; car il ne faut pas beaucoup despritpour montrer ce quon sait, mais il en fautinfiniment pour enseigner ce quon ignore.

On ne peut mourir ici que subitement, lamort ne saurait autrement exercer son em-pire : car il y a dans tous les coins des gensqui ont des remèdes infaillibles contre toutesles maladies imaginables.

Toutes les boutiques sont tendues de filetsinvisibles, se vont prendre tous les ache-teurs. Lon en sort pourtant quelquefois àbon marché : une jeune marchande cajoleun homme une heure entière, pour lui faireacheter un paquet de cure-dents.