Persanes. iSr
amis ; le cœur est citoyen de tous les pays :comment une ame bien faite peut-elle s’em-pêcher de former des engagemens ? Je te'l’avoue, je respecte les anciennes amitiés ;mais je ne suis pas fâché d’en faire par-toutde nouvelles.
En quelque pays que j’aie é,té , j’y aivécu comme si j’avois dû y passer ma vie :j’ai eu le même empressement pour lesgens vertueux, la même compassion, ouplutôt la même tendresse pour les mal-heureux , la même estime pour ceux, quela prospérité n’a point aveuglés. C’est moncaractère , Usbek : par-tout où je trou-verai des hommes , je me choisirai desamis.
Il y a ici un Guèbre qui , après toi ,a , je crois, la première place dans moncœur : c’est l’ame de la probité même.Des raisons particulières l’ont obligé dese retirer dans cette ville , où il vit tran-quille du produit d’un trafic honnête , avecune femme qu’il aime. Sa vie est toutemarquée d’actions généreuses : et , quoi-qu’il cherche la vie obscure, il y a plusd’héroïsme dans son cœur que dans celuides plus grands monarques.
Je lui ai parlé mille fois de toi , je luimontre toutes tes lettres ; j.e remarque quecela loi fait plaisir, et je vois déjà que tuas un ami qüi t’est inconnu.
Tu trouveras ici ses principales aven-