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elle-même. Son capital nominal est de 5 o millionsde florins (106 millions de France ), son capital réelde 32 millions de florins ( 69 millions et demi deFrance ). Celui de la Banque de France , qui n’estqu’une banque commerciale à l’usage de la seuleville de Paris , est de 67 millions ; celui de la Banquedes Etats-Unis est de 187 millions, et celui de laBanque d’Angleterre est de 10,914,000 livres sterl.(275 millions de francs).
Enfin, la Société Générale est caissière du royau-me. Moyennant un modique prélèvement d’un quartpour cent (jusqu’en i 832 ce n’était même qu’unhuitième) , elle encaisse les fonds du Trésor, rem-place les receveurs-généraux, et opère les mouve-ments d’argent nécessaires aux services publics.
Investie du dépôt des fonds de l’Etat, la SociétéGénérale est aussi dépositaire des réserves des par-ticuliers de toutes les classes. Elle a établi des Cais-ses d’épargnes qui fonctionnent très bien.
Une institution ainsi posée domine tous les inté-rêts nationaux. C’est un colosse qui, s’il s’attaquait auxlibertés du pays, pourrait leur être formidable. LaSociété Générale ne s’est point mêlée de politique ;malgré les liens de reconnaissance et d’intérêt quila rattachaient au roi Guillaume depuis i 83 o, ellea constamment fait des efforts pour rétablir la con-fiance publique et pour activer l’industrie : c’est de-puis lors qu’elle a fondé la Société de Commerce etles autres sociétés annexes. On conçoit cependant