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DE LLNDÜSTHIK BELGE,qu elle excite les appréhensions des amis ombrageuxde la liberté et la jalousie des pouvoirs publics. Ilétait naturel que l’on vît se reproduire ici la luttequi depuis trois ans tient les Etats-Unis en suspensentre la Banque et la démocratie personnifiée dansle général Jackson : c’est en effet ce qui a eu lieu.L’émeute, du temps qu’elle régnait à Paris et àBruxelles, a, sous prétexte de menées orangistes,saccagé les maisons de quelques uns des administra-teurs de la Société Générale. La démocratie belge adonc fait pis que la démocratie américaine; celle-cis’est contentée de menacer d’aller semer du sel à laplace où le palais de la Banque s’élève. Il est vraiquelle avait obtenu une éclatante satisfaction parle non-renouvellement de la Charte de la Banque.Mais le gouvernement belge , plus sage que le pré-sident Jackson, n’a pas eu un seul instant la penséede renverser une association essentielle à la prospé-rité du pays ; il ne s’est point mis en guerre avec laSociété Générale. Le Sénat belge s’est refusé indirec-tement à lui concéder une entreprise importantequ elle sollicitait, et qui se rattachait au chemin defer de Paris à Bruxelles , mais le gouvernement pro-prement dit se fût montré plus facile. Les pouvoirsde la Société Générale expirent dans treize ans, cequi la rend en réalité fort peu dangereuse dans toutehypothèse.
La seule mesure de précaution que le gouverne-ment belge ait prise à l’égard de la Société Générale