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DE L’iMDUSTHIE BELGE.
fonte est préparée pour l'affinage ; puis les forges oùun régiment de eyelopes, les bras nus, aidés de troismachines à vapeur dont les cylindres ressemblent àdes tourelles, pétrissent le fer dans des fours, le bat-tent sous leur effroyable marteau anglais , le fontpasser comme une cire molle à travers les canne-lures des laminoirs, et le convertissent, dans un clind’œil, en larges plaques de tôle ou en longues barresqu’ils manient toutes rouges comme de légers ro-seaux. Après les forges, les ateliers de machines oùle fer, sortant des cannelures des cylindres? est livrétout chaud encore à d’habiles ouvriers munis d’in-struments de précision, de l’exécution la plus par-faite, qui en font toutes les mécaniques imaginables,depuis la locomotive de chemin de fer, sorte decheval à vapeur qui surpasse toutes les prouesses deschevaux arabes, jusqu’aux appareils les plus mo-destes. Enfin, l’établissement se termine sur la Meusepar les bâtiments de l’administration. Ils formaientjadis le palais du prince-évêque de Liège ; moyen-nant quelques additions, M. Cockerill les a jugés di-gnes de recevoir ses bureaux. Tout cela est bordé decanaux, et traversé de petits chemins de fer. Oncompte à Seraing 3,ooo ouvriers, c’est-à-dire toutautant d’hommes qu’il en faut pour composer unebrigade d’infanterie.
La hardiesse des travaux de l’industrie moderneet l’échelle colossale de ses opérations exigent de lapart des hommes qui les dirigent une étendue de