LA VALLÉE DE LAR1ÉGE.
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n'étaient les collines, délicieuses par leur verdure,pittoresques par leurs profils et leurs croupes ondu-lées, et admirables par leur culture, qui la bordentà distance, on croirait nôtre pas sorti de la vaste etfertile plaine au milieu de laquelle Toulouse estposé. Au-dessus de Pamiers , les collines se rappro-chent et se haussent à la taille de montagnes ; lepaysage devient plus sauvage , le climat plus froid ,le sol plus pauvre. Le voyageur en prend son partisi le temps est beau et le soleil resplendissant, parceque, sous un soleil ardent, les montagnes sont tou-jours magnifiques, pour peu que leurs flancs soientverts et leurs cimes neigeuses. Celui qui a passé parToulouse au mois d’août s’estime d’ailleurs si heu-reux de savourer la fraîcheur des bords de l’Ariége ,lorsqu’il se rappelle le supplice qu’il éprouvait laveille dans l’atmosphère brûlante de la cité palla-dienne ! Cependant, quelque passionné que l’on soitpour les montagnes escarpées, pour les neiges per-pétuelles et les eaux vives, pour la fraîcheur pen-dant la canicule, on éprouve un serrement de cœurlorsque l’on continue , au-delà de Taraseon, pourremonter jusqu’à Vicdessos. On croit, en effet, en-trer dans un repaire maudit, dans un tombeau ,lorsque l’on traverse cette gorge de la Ramade, oûl’Ariége s’est frayé une route dans le granit. On che-mine entre deux montagnes pelées, taillées à pic ,que l’homme a désespéré de rendre productivesdans un pays où l’on se dispute un pied carré de ter-