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LA VALLÉE DE LARIÉGK.
rain, et où le paysan , pour ne pas mourir de faim ,transporte sur ses épaules, à des hauteurs de milleet deux mille pieds, partout où il y a place pour lesloger, les terres que la pluie a entraînées au fond duvallon. C’est un lieu abandonné de Dieu et des hom-mes ; les seigneurs féodaux eurent seuls le couragede l’habiter, comme l’atteste le château de Miglos,que l’on voit, avec ses tours et ses créneaux assezbien conservés encore, perché sur une cime. Maisl’homme et la Providence reparaissent bientôt ; etici, à Vicdessos, on est au milieu d’un panorama desplus variés et des plus curieux , où les oeuvres hu-maines se marient à celles de la nature. C’est uneculture parfaite associée à de majestueuses monta-gnes ; ce sont de grands villages dont les habitantsvivent auseirl du bien-être, phénomène unique dansles vallons où sont les sources des ruisseaux qui gros-sissent le haut Ariége ; ce sont, à côté des grottes àstalactites , qui datent de la création , et dans les-quelles s’étaient fortifiés les Albigeois, réduits à ladernière extrémité (1), les cavernes non moins si-nueuses et non moins profondes que les hommesont creusées par un travail de plusieurs siècles pourextraire le minerai de fer ; ce sont les cheminées desforges, dont les étincelles vont mourir sur des irio-numents laissés par les druides, sur des tours qui
(i) Il reste encore beaucoup de débris de fortifications à l’entréede diverses cavernes dans la vallée de l’Aricge, particulièrement auxenvirons des bains d’Ussat.