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LA VALLÉE DE LAR1ÉGE.
remarque de loin une cime solitaire couronnée parun rocher de granit que supportent trois petits blocsentre lesquels, comme entre les jambes d’un tré-pied, on aperçoit le jour; sur ce rocher, du tempsdes druides , le sang des victimes humaines a coulé,et l’on distingue encore au centre de sa surface unecavité circulaire creusée pour que le sang vînt s’yréunir. A droite, le col de Eherz, qui conduit à l’é-tang du même nom , célèbre dans les annales desgéologues. En face, le passage qui mène à la vieillerépublique d’Andorre . Au fond de la vallée, le bourgde Vicdessos. A mi-côte, sur la pente des montagnes,les villages de Suc et d’Auzat, celui d’Ollier, dontles habitants avaient obtenu de Charlemagne le pri-vilège de porter tous l’épée ; celui de Goulier, lestrois quarts de l’année enseveli sous les neiges ouenveloppé dans les nuages, et celui d’Orus, qui,bâti sur un terrain de feldspath en décomposition ,descend lentement en masse vers le fond de la vallée,mais qui, au gré du curieux s’y rendant à pied, n’aencore que trop de chemin à faire pour se rappro-cher du niveau del’Ariége . D’un côté de Vicdessos,le chemin en zigzag qui conduit aux mines, et quegravissent lentement les muletiers ; car au voisinagede l’Espagne , les chemins à pentes bien ménagées ,selon la mode anglaise, les beaux chariots et les vi-goureux attelages font place à des sentiers escarpéset à Varriero de la Péninsule avec ses mules au paslent. Mais ce chemin qui grimpe , s’il a l’inconvé-