nient de faire payer cher le minerai au maître deforges, a l’avantage d’orner le paysage par ses con-tours qui vont et viennent ; et pour qu’il ressemblâtmieux à une décoration d’opéra, le hasard a vouluqu’il fût bordé, vers le col de Sem, par une superbecascade de deux cents pieds de hauteur perpendi-culaire, qui se précipite du milieu des sapins. Del’autre côté de Vicdessos , sur un large mamelon,voyez les débris très reconnaissables encore d’unegrande enceinte fortifiée : c’est le camp de Mont réal ; c’est là que stationnèrent pendant quelquetemps les soldats et les douze pairs de celui qu’onpeut, même après Napoléon , appeler par excellencel’Empereur français , lorsqu’il allait tenter en Espa gne une de ces conquêtes toujours fatales à nos Cé-sars. En dehors du camp , comme poste avancé,s’élève la tour carrée d’Ollier, qui, dit-on, fut habi-tée par ce grand prince.
Je coupe court à cette description pour arriverà un sujet plus intéressant que la coupe des mon-tagnes ou que les débris des temples druidiques etdes camps et châteaux de la féodalité , c’est-à-direà la population qui, aujourd’hui, remplit ces mon-tagnes , à son caractère , à ses mœurs , à sa physio-nomie.
Et d’abord, je me pique, vous le savez, d’être fortamateur de ce que l’on appelle aujourd’hui la civili-sation , de ces grandes innovations industrielles etadministratives qui rapprochent les peuples, favo-