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Essais de politique industrielle : souvenirs de voyage, France, République d'Andorre, Belgique, Allemagne / par Michel Chevalier
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LA VALLÉE DE laRIÉGE .

qui coulent pour tous, grands et puissants, richeset gueux, je veux dire la famille et lamitié ? Et puis,ne rendons-nous pas le globe trop exigu pour notreespèce? Le plus mince bourgeois ne sy sentira-t-ilpas bientôt à létroit, mal à laise, comme jadis legrand Alexandre? Ne tuons-nous pas la patrie commele scepticisme croyait avoir tué les rois et les dieux ?

Cest aux Etats-Unis que la civilisation sest leplus librement développée selon ses allures moder-nes. En parcourant ce pays lhomme a accumuléen si peu dannées tant de preuves de son géniecréateur et de sa puissance sur la nature, ces vastesrégions que la population a inondées comme parenchantement, à laide de magiques auxiliaires in-connus des peuples anciens , les chemins de fer, lescanaux, les bateaux à vapeur, les banques, les jour-naux, les écoles primaires (i), le voyageur se sent sou-

(i) Les Etats-Unis ont débuté dans la carrière des travaux publicspar le canal Erié, le premier coup de pioche fut donné le 4 juil-let 1817. Depuis lors ils ont exécuté trois mille lieues de canaux et dechemins de fer. Cest plus quil ny en a dans lEurope entière. Quantà la révolution qui en est résultée pour le pays, je laisserai parler unécrivain de Cincinnati :

« Jai vu le temps la seule embarcation qui flottât sur l'Ohio étaitun simple canot, que poussaient en avant, au moyen de perches,deux personnes assises lune à lavant, lautre à larrière.

» Jai vu le temps lintroduction du bateau à quille, recouverten planches, fut considérée comme une amélioration miraculeusepour les jeunes Etats de lOuest.

» Je me rappelle le temps larrivée, à Pittsburg , dun bateaucanadien, ainsi que lon nommait les embarcations de Saint-Louis,