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c’est à peu près la distance de Paris à Orléans . Au-jourd’hui, surles bateaux à vapeur, qui n’ont cepen-dant que trente ans d’existence, nous faisons déjàsix lieues à l’heure. Et sur les chemins de fer, quisont plus nouveaux encore que les bateaux à vapeur,car les enfants de dix ans les ont vus naître , rienn’est plus commun que la vitesse de dix lieues. Lorsdes dernières élections, un courrier expédié de Li-verpool à Londres , a parcouru, à raison de vingt-deux lieues à l’heure, le chemin de Manchester àBirmingham ; et sur le chemin de Carlisle à New-castle on atteint, par instant, celle de vingt-quatrelieues. Le vieux Stephenson assure qu’il ne sera con-tent que quand il se sera fait transporter à raison dequarante lieues à l’heure. Or, le tour du monden’est que de dix mille lieues, pas davantage. Ca-vons au plus bas, et calculons sur le pied de dixlieues. A ce compte, combien faudrait-il de tempspour faire le tour du monde? Quarante-deux jours.Prenons pour base la vitesse actuelle du chemin defer de Carlisle ; de quarante-deux jours nous tombonsà dix-sept. Au calcul de M. Stephenson, ce ne seraitplus que onze jours, rien que onze jours pour cevoyage que nul n’avait osé croire possible avant leXVI e siècle, qui a valu à Magellan une immense re-nommée d’audace, et qui, aujourd’hui encore, dureau moins un an. Onze jours ! c’est le temps que met-taient les plus grands seigneurs, sous Louis XIV ,avec tout le luxe possible de carrosses, de chevaux