LA VALLÉE DE LARIÉGE. S*]
et de valets, pour franchir l’intervalle de Paris àBordeaux . Avant la révolution, le bourgeois qui al-lait de Toulouse à Paris en diligence demeurait-quinze jours en route. Avec la vitesse vraiment mesquine et vulgaire désormais de dix lieues à l’heure ,il ne nous faudra plus que quinze jours pour nousrendre à Pékin . Nous ferons cette excursion commeaujourd’hui celle de Barèges ou de Saint-Sauveur.Et tout le monde la fera, le boutiquier comme lebanquier, l’artisan et l’ouvrier comme le bourgeois,dans de délicieuses voitures bien suspendues, biendouces, bien spacieuses, où l’on peut dormir étenducomme dans son lit. Car ce qui distingue ces nou-veaux moyens de transport, c est qu’ils sont émi-nemment démocratiques; ce sont les instrumentsles plus irrésistibles du décret de la Providence, quiabaisse les grands et élève les humbles, deposuiLpo-tentes. Ils sont accessibles à tous, étant économiqueson ne peut plus! Je me suis trouvé, moi millième ,sur l’Hudson , abord du bateau à vapeur le North-A mer ica , et fort à l’aise, bien plus, certes, que dansla meilleure des chaises de poste. Quant aux cheminsde fer, sur celui de Saint-Germain il y a place, danschaque convoi, pour seize à dix-huit cents voyageurs,c’est-à-dire pour toute la population d’une petiteville, y compris les femmes, les enfants et les vieil-lards. Avec une trentaine de machines locomotiveson pourra voiturer, sur les chemins de fer, unearmée tout entière, personnel et matériel, et la por-