NAVIGATION SOUS-PYRÉNÉENNE. 879
le commerce de la région sous-pyrénéenne, et en mêmetemps à y opérer une irrigation fécondante, fut confié,il y a deux ans, à l’étude d’un jeune ingénieur desPonts et Chaussées, M. Montet, qui s’était déjà signalépar la canalisation rapide et économique d’un des coursdu sud-ouest, la Baïse, affluent de la Garonne . Il avaità vérifier une idée grandiose inspirée par la constitutiontopographique et hydrographique des Pyrénées , cellede savoir si le plateau de Lannemezan ne pourrait pasrecevoir des réservoirs immenses, d’où des eaux seraientdistribuées ensuite dans la plupart des vallées de lachaîne, de manière à combiner le service de la naviga-tion avec celui de l’irrigation. C’est que ce vaste plateauoccupe le sommet d’un contre-fort allongé, dans lesflancs duquel une multitude de rivières prennent leurssources, pour se diriger ensuite en éventail danstous lessens; elles sont au nombre de douze ou treize ; les plusremarquables sont laLouge, la Neste, le Gers , la Baïse,la Gelise, l’Arros ; d’autres qui sont des fleuves puis-sants , comme la Garonne et l’Adour, passent à une pe-tite distance du pied du plateau ; et en même tempsqu’il domine tant de fleuves, il est dominé lui-même parla portion supérieure du cours de la Neste, belle rivièrebien alimentée en toute saison, dont on eût rassem-blé les eaux soit dans des réservoirs artificiels creuséssur le plateau , soit dans des réservoirs naturels qu’oneût formés enbarrant par des digues plusieurs lacs éparsau-dessus du plateau lui-même. De Lannemezan , oneût fait descendre des canaux qui eussent rattaché lesréservoirs aux principaux cours d’eau de la contréeesous-pyrénéenne , à la Garonne , à la Baïse, au Gers etmême à l’Adour.
Les minutieuses explorations de M. Montet ontdémontré que ce plan général était non seulement