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NOTES.
possible, mais d’une réalisation facile; qu’il coû-terait peu, si l’on se décidait à remplacer, sur lespentes du plateau, les écluses à sas ordinairement enusage sur les canaux, par des plans inclinés analoguesà ceux qui ont été exécutés il y a déjà dix ans en Amé rique sur un canal d’une grande longueur (le canal Mor-ris, quia 1 63 kilomètres), et qui fonctionnent aujour-d’hui avec régularité et économie. Moyennant ce sys-tème , on pourrait pour ag millions doter le Sud-Ouestd’une centaine de lieues d’artères de navigation et d’ir-rigation , et M. Montet a prouvé, par ses travaux sur laBaïse, qu’avec lui les devis n’étaient pas de la fictionpure. Le plateau de Lannemezan deviendrait un carre-four, un forum d’où partirait et où se donnerait rendez-vous le commerce de tout le Sud-Ouest, une sorte deport intérieur. La route d’Espagne , par la vallée d’Aure,dont nous avons parlé déjà, et que nous ne pouvonscroire ajournée pour long-temps , y amènerait les mar-chandises de Sarragosse et de la Péninsule entière.
Ce projet comprendrait i’une des moitiés du canalGalabert, le versant oriental, qui verserait des eaux d’ir-rigation sur la surface de la belle et spacieuse vallée dela Garonne , de Saint-Martory à Toulouse . Mais, dansla pensée de l’administration , le versant occidental queM. Galabert voulait de Lannemezan à Bayonne , parl’Arros et l’Adour, serait ajourné provisoirement.C’est qu’en effet l’idée de diriger vers Bayonne lesproduits de la contrée pyrénéenne est d’une valeurcontestable. Le marché de Bayonne est tout-à-faitsecondaire. Le port de Bayonne est mauvais ; la barrede l’Adour en rend l’entrée et la sortie souvent impos-sibles. Bordeaux , au contraire , est un marché de pre-mier ordre. A Bordeaux , les marbres, les bois, les vinsdesdépartemensdes Hautes-Pyrénées et du Gers , trou-