DE LA PRODUCTION DU BÉTAIL. 387
aviser. La France est de tous les pays de l’Europe celuioù ces prairies sont en moindre proportion, relativementaux terres arables ; etaussi,comparativement àla Grande- Bretagne , par exemple, une même superficie de terraincultivée en céréales y donne un beaucoup moindre pro-duit.
Il est digne d’attention que de vastes espaces commeles Landes , qui pourraient plus particulièrement êtreconvertis en prairies , près desquels la nature a réuni,dans de grands étangs, des approvisionnements d’eauà peu près illimités, et, dans des bassins comme celuid’Arcachon , une vase propre à servir d’engrais,.restentabsolument sans culture, servant seulement à la pâ-ture de quelques maigres troupeaux, errant sur leursurperficie désolée. Et cela se passe à côté d’une villecomme Bordeaux , qui tire de loin son bétail et qui atous les capitaux nécessaires à lu mise en rapport deces solitudes.
Les prairies ayant une valeur supérieure aux terresarables, l’intérêt privé, intelligent comme il l’est au-jourd’hui, ne demande pas mieux que de transformerdes champs en prairies; car c’est sous l’empire de pré-occupations étranges qu’on ne retrouve pas ailleurs, et,par exemple, d’une passion exclusive pour le commercemaritime lointain, que les Bordelais ont jusqu’à ce journégligé les Landes . La matière première des prairiesnaturelles, l’engrais spécial dont elles se contentent,l’eau, abonde dans notre France . Nous avons d’immen-ses ressources pour l’irrigation à cause des chaînes demontagnes , riches en réservoirs naturels, qui bordentnotre territoire ou qui le découpent. Mais nos lois n’en-couragent pas l’irrigation, elles la rendent difficile, im-possible même, par l’effet de leur dispositif sur la ma-tière , combiné avec le morcellement du sol.