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NOTES,
Le Conseil général de l’agriculture retentissait na-guère d’observations fort judicieuses sur ce sujet. Laconférence agricole de la Chambre des Députés a ap-puyé ces réclamations. Cette conférence vient de faireimprimer un mémoire présenté au Conseil général del’agriculture par l’un de ses membres, M. d’Esterno, oùla question des bestiaux est traitée dans ses rapportsavec l’irrigation , et où, à la suite d’une discussion re-marquable, sont indiquées des conclusions pratiquesqu’il est impossible de ne pas approuver.
Après avoir posé les termes d’une comparaison pleined’intérêt entre les prairies naturelles et les prairies ar-tificielles , M. d’Esterno trace le tableau des entravesapportées par nos usages et par notre législation à lacréation des prés irrigués. Il montre que, dans l’étatactuel des choses, la loi, ou plutôt le sens qu’on loi adonné , refuse au cultivateur qui veut arroser seschamps, la protection qu’elle accorde à des arts bienmoins utiles, et il prouve qu’en réalité, pour le proprié-taire (jui a besoin d’arroser sa propriété et auquel la na-ture en fournit les moyens, la liberté d’industrie n’existepas. L’irrigation ne peut donner des résultats avanta-geux, soit pour l’État, soit pour les particuliers, quesi elle est pratiquée en grand. Elle n’est possible qu’àcette condition. Mais une seule entrave, quelque minimequ’on la suppose, peut suffire pour rendre imprati-cable une irrigation qui féconderait une immense éten-due. Pour l’irrigation, l’on n’a pas la ressource declore l’enclave d’un fossé et de la tourner; il faut inflexi-blement suivre le niveau de l’eau partout où passe laligne mathématique horizontale. Mais si un petit en-clos enclavé au milieu d’une vaste superficie suffit àanéantir un pian d’arrosement, que sera-ce là où laterre est morcelée à l’infini? Là encore le morcellement