CANAL DE MARSEILLE.
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d’aspirer à obtenir 1 o mètres cubes. C’est en effet exac-tement la part qui a été faite à chacun des canaux deCraponne et de Boisgelin. Quoi qu’il en soit, de guerrelasse, les Marseillais ont accédé à ces conditions. Ilsrenoncent au projet qu’ils avaient formé, de distribuerde l’eau sur tout le parcours de leur canal, et ils garde-ront pour leur clocher tout ce qui leur aura été attribué.Frappés de ce que le canal débouchait du souterrain deNotre-Dame (hameau situé à deux lieues de Marseille ),à une hauteur de i5o mètres au-dessus de la mer, ilsavaient pensé qu’avec 5 mètres cubes tombant decette hauteur, ils auraient une force motrice suffisantepour un nombre considérable de fabriques. Et, en effet,la puissance ainsi créée eût été équivalente à trois millechevaux. Ils abandonnent cette espérance; ils n’utili'seront leur eau, comme force motrice, qu’autant quel’irrigation de leur banlieue pourra s’en accommoder. Àplus forte raison seront-ils obligés d’ajourner les jetsd’eau qu’ils avaient rêvés pour leurs bastides. Maisleur cité sera admirablement arrosée et parfaitementapprovisionnée, même pour le service courant desfabriques ; le port cessera d’être un cloaque infect. D’ail-leurs le canal sera creusé de manière à recevoir 10 mè-tres cubes, et il pourra les emprunter à la Durance,même pendant la majeure partie de l’été; car, grâceaux glaciers des Alpes , dont le tribut augmente pen-dant l’ardeur de l’été, l’étiage extrême est un accidentqui ne dure que quelques jours. Plus tard enfin on sedécidera peut-être, pour parfaire l’arrosage du terri-toire de Marseille et du reste de la Provence, à établirdes réservoirs semblables à ceux qui alimentent les ca-naux de navigation, et où l’on amassera, aux époquesde pluie ou pendant la fonte des neiges, d’immenses ap-provisionnements pour les temps de sécheresse. Nous
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