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même en y comprenant de belle* fontaines publiques etle nettoiement des mes et du port. Avec trois autres mè-tres cubes, on fournirait à un grand nombre d’usines laforce motrice qu elles réclameraient. Marseille deman-dait en outre un mètre cube pour l’embellissement et lecomfort des nombreuses bastides dont la ville est envi-ronnée. La prise d’eau totale devrait donc être de 8 à 9mètres cubes par seconde, c’est-à-dire, au plus, du hui-tième de ce que débite laDurance aux plus basses eaux.Pour compenser les pertes d’eaux causées par les filtra-tions et l’évaporation, le canal devrait emprunter à laDurance un mètre cube de plus par seconde. A cecompte, la prise d’eau eût été de 10 mètres cubes.
Malheureusement la requête de la ville de Marseille avait soulevé beaucoup d’opposition. Il a fallu respecterles droits acquis des propriétaires des canaux d’irriga-tion dont les prises d’eau se trouvent en dessous deSaint-Paul, point de départ adopté par M. de Mon-tricher. Il a été reconnu nécessaire de laisser à laDurance une certaine quantité d’eau pour la bran-che septentrionale du canal Boisgelin, appelée ca-nal des Alpines. Par ces motifs, la ville de Marseille n aété autorisée à puiser dans la Durance que 5 mètres cu-bes 3/4, qui, en raison des pertes, n’en produiront ef-fectivement que 5. Cette réduction est vraiment exagé-rée. Le conseil général des Ponts et Chaussées admetque la quantité d’eau roulée par la Durance est de74 mètres cubes, et qu’il suffit qu’elle en conserve 12à son embouchure dans le Rhône . Or les concessionsactuelles ne s’élèvent qu’à 32 mètres cubes, il en restaitdonc 3o à concéder. De la part d’une cité qui est lepremier port de France , qui compte une populationde 170,000 âmes, à qui le plus magnifique avenir estréservé, ce n’était pas une prétention démesurée que