Band 
Tome premier.
Seite
34
JPEG-Download
 

j’ai parlé plus haut. Pline , Cicéron , Vilruve en ontconnu l’usage. Horace compare un mauvais panégy-riste à l’encre qui noircit ce qu’elle touche :

Sed veluti tractata notant , labenujue remittunt

Atramenta. Epist. i , lib. 2.

Les liqueurs employées pour l’écriture étoient dedifférentes couleurs. La noire, composée d’abord decharbon pilé et de suie, ensuite du noir de la fuméede résine, de la poix des torches, et de l’ivoirebrûlé, etc. le tout dissous dans l’infusiôh de noix degalle, puis dans celle de vitriol, de noix de galle etde gommé ; la rouge , tirée du vermillon, du cinabre,du carmin ; la couleur pourpre , tirée dés buccins ,qui donnent une liqueur purpurine : elle étoit em-*ployée par les anciens pour teindre et peindre enrouge. Cette liqueur de pourpre servoit aux empe-reurs romains d’encre pour signer ou souscrire leursédits. On l’appeloit sacrum encautum , et nul autréque l’empereur ne pouvoit user de Célte encre sanscommettre un crime de lèse-majesté. Voyez Murex,D. Hisl. Nat. Les couleurs bleue, verte et jaune,l’or et l’argent réduits en poudre, sulfurés et soumisait feu, servirent aussi à orner et enrichir les manus-crits. L’encre de la Ghine , composée de noir defumée, mêlée de parfums, dont on a fait une pâle