Band 
Tome premier.
Seite
36
JPEG-Download
 

( 36 )

précieusement tout ce qui sortoit de la bouche de cegrand homme. L’orateur romain écrivoit lui-mêmeen caractères abréviatifs.

Martial, liv. i 4 , épigramme 208, intitulée No-tarius, a peint cet art au naturel par ce distique :

Curranl verba licet, manus est velocior illis :

Nondùm lingua , suum dextra peregit opus.

Les notes tironiennes furent d’un usage très étenduen Occident . O11 les enseignoit dans les écoles publi-ques. On les employoit pour transcrire les manus-crits. Il y en a de cette espèce à la bibliothèqueimpériale à Paris , et à la bibliothèque ambrosienne àMilan. Cet art tomba en décadence en France sur lafin du 9 e siècle, et en Allemagne sur la fin du 10 e .

Dans la Grèce , il avoit été précédé par les sigles :sigiïïa , signa (écriture en chiffre ou par une seulelettre). Les Grecs tirèrent des Phéniciens cette sorted’abréviation, dont on aperçoit l’origine dans leschiffres atliques. Le sénat romain permit qu’on s’euservît dans les actes publics , long-temps avant l’in-vention des notes de Tiron . On a fait usage, jusqu’auio* siècle, de celte écriture abrégée, dans les affairespubliques et particulières, dans les inscriptions, lesmanuscrits , les lois, les harangues, les lettres. Mais lamultiplicité des sigles causa la plus grande confusion et.