« ne puisse être copié clans l’espace de plusieurs« années. »
On a jugé Hardouin en délire, lorsque, dansses Paradoxes , il avançoii que tous les écrits des an-ciens étoient supposés. On ne peut, il est vrai,justifier ses singularités; mais on peut affirmer qu’iln’en est pas un dont le texte original n’ait été altéré,tronqué , interpolé , obscurci, à mesure que les co-pistes, les scribes, les traducteurs, les scoliastes, sesont éloignés de l’âge des auteurs, et qu’ils ont mul-tiplié les copies de leurs ouvrages.
La sténographie moderne, qui date en France despremiers temps de la révolution, de même que le té-légraphe, n’a ni lesinconvéniens, ni l’obscurité, niles dangers de l’ancienne. Les signes de celle-ci ontvarié sous la main des copistes, et le sens a changéselon le génie des interprètes; de manière que lesabréviations sont autant d’énigmes, pareequ’on nepeut recourir à d’autres exemplaires pour s’assurerde la véritable leçon , et pareeque les auteurs n’exis-tent plus. Dans la sténographie actuelle, les copistessuivent en public la parole des orateurs, recueillentles harangues, les plaidoyers, les discussions pronon-cées à la tribune, ou les leçons entières des professeurs,aux diflerens cours qui se font aux lycées; ilsleur remettent ensuite et au public la transcription