de M. de Montesquieu. vl’ardeur naissante et les talens de ses con-frères pourraient s’exercer avec encore plusd’avantages sur les objets de la physique. Ilétoit persuadé que la nature, si digne d’êtreobservée par-tout, trouvoit aussi par-toutdes yeux dignes de la voir ; qu’au contraireles ouvrages de goût ne souffrant point, demédiocrité, et la capitale étant en ce genrele centre des lumières et des secours,il étoittrop difficile de rassembler loin d’elle unassez grand nombre d’écrivains distingués.Il regardoit les sociétés de bel esprit siétrangement multipliées dans nos provinces,comme une espèce, ou plutôt comme uneombre de luxe littéraire, qui nuit à l’opu-lence réelle, sans même en offrir l’appa-rence. Heureusement M. le duc de la Force,par un prix qu’il venoit de fonder à Bor deaux , avoit secondé des vues si éclairéeset si justes. On jugea qu’une expérience bienfaite serait préférable à un discours foibleou à un mauvais poème ; et Bordeaux eutune académie des sciences.
M. de Montesquieu , nullement empresséde se montrer au public,sembloit attendre,selon l’expression d’un grand génie, un âgemûr pour écrire. Ce ne fut qu’en 1721 ,c’est-à-dire, âgé de trente-deux ans , qu’ilmit au jour les Lettres Persanes . Le Siamoisdes amusemens sérieux et comiques pouvoitlui en avoir fourni l’idée 5 mais il surpassason modèle. La peinture des mœurs oriea-
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