de M. de Montesquieu. vijd’an peuple vertueux, devenu sage par lemalheur : morceau digne du portique. Ail-leurs il montre la philosophie long-tempsétouffée, reparaissant tout-à-coup , rega-gnant par ses progrès le temps qu’elle aperdu, pénétrant jusques chez les Russes àla voie d’un génie qui l’appelle 5 tandis quechez d’autres peuples de l’Europe , la su-perstition , semblable à une atmosphèreépaisse, empêche la lumière qui les envi-ronne de toutes parts d’arriver jusqu’à eux.Enfin , par les principes qu’il établit sur lanature des gouvernemens anciens et moder-nes, il présente le germe de ses idées lumi-neuses , développées depuis par l’auteurdans son grand ouvrage.
Ces différens sujets , privés aujourd’huides grâces de la nouveauté qu’ils avoientdans la naissance des Lettres Persanes , yconserveront toujours le mérite du caractèreoriginal qu’on a su leur donner ; mérited’autant plus réel, qu’il vient ici du génieseul de l’écrivain , et non du voile étrangerdont il s’est couvert 5 car Usbek a pris,durant son séjour en France , non-seulementune-connoissance si parfaite de nos mœurs,mais une si forte teinture de nos manièresmêmes, que son style fait souvent oublierson pays. Ce léger défaut de vraisemblancepeut n’être pas sans dessein et sans adresse :en relevant nos ridicules et nos vices , il avoulu sans doute aussi rendre justice à nofc