De l’esprit des Loix. xiixla nature du despotisme exige que le tyranexerce son autorité, ou par lui seul, ou parun seul qui le représente.
Quant au principe des trois gouvernemens,celui de la démocratie est l’amour de la ré-publique, c’est-à-dire, de l’égalité: dans lesmonarchies où un seul est le dispensateur desdistinctions et des récompenses, et où l’ons’accoutume à confondre l’état avec ce seulhomme , le principe est l’honneur, c’est-à-dire , l’ambition et l’amour de l’estime : sousle despotisme enfin, c’est la crainte. Plusces principes sont en vigueur , plus le gou-vernement est stable ; plus ils s’altèrent etse corrompent, plus il incline à sa destruc-tion. Quand l’auteur parle de l’égalité dansles démocraties , il n’entend pas une égalitéextrême, absolue, et par conséquent chimé-rique ; il entend cet heureux équilibre quirend tous les citoyens également soumis auxloix , et également intéressés à les observer.
Dans chaque gouvernement, les loix del’éducation doivent être relatives au principe.On entend ici par éducation celle qu’on re-çoit en entrant dans le monde, et non celledes parens et des maîtres, qui souvent y estcontraire, sur-tout dans certains états. Dansles monarchies, l’éducation doit avoir pourobjet l’urbanité et les égards réciproques ;dans les états despotiques , la terreur et l’a-vilissement des esprits; dans les républiques ,on a besoin de toute la puissance de l’édu-Tome I, c