xlviij Analyse
pie entier, c’est seulement une partie dupeuple qui fait les loix. Mais la division pré-cédente n’en est pas moins exacte et moinsjuste. Les trois espèces de gouvernemensqu’elle renferme sont tellement distinguées,qu’elles n’ont proprement rien de commun ; ;et d’ailleurs tous les états que nous connois- isons participent de l’un ou de l’autre. IIétoit donc nécessaire de former, de ces troisespèces, des classes particulières , et des’appliquer à déterminer les loix qui leursont propres. Il sera facile ensuite de modifier Ices loix dans l’application à quelque gou- jvernement que ce soit, selon qu’il appartien- jdra plus ou moins à ces différentes formes. ,■
Dans les divers états, les loix doivent être Irelatives à leur nature , c’est-à-dire, à ce qui ;les constitue ; et à leur principe, c’est-à- ;dire, à ce qui les soutient et les fait agir : idistinction importante, la clef d’une infinitéde loix, et dont l’auteur tire bien des con-séquences.
Les principales loix relatives à la naturede la démocratie sont que le peuple y soit,à certains égards, le monarque ; à d’autres,le sujet ; qu’il élise et juge ses magistrats;et que les magistrats, en certaines occasions,décident. La nature de la monarchie de-mande qu’il y ait entre le monarque et lepeuple , beaucoup de pouvoirs et des rangsintermédiaires, et un corps dépositaire desloix, médiateur entre les sujets et le prince.