Taî>a<S. SOI.ANÉES. Tatac. SS!)
fumaient; mais bientôt on en vint au\persécutions. En 1604, Jacques !■ ', roid’Angleterre, déclara que le Tabac de-vait être extirpé comme une mauvaiselierbe ; mais voyant, en 1619, l’usagedo celte substance se répandre de plusen plus, il publia contre les fumeurs sonlivre Misocupnos, auquel les jésuites ré-pondirent par un autre livre destiné Urelever le mérite du Tabac, f.e pape Ur-bain VIII excommunia, en 162 i, tous lesfidèles qui prisaient dans les églises. Dansla Transylvanienne ordonnance de 1689menaça de la perte de leurs biens ceuxqui planteraient du Tabac, et d’uneamende de 3 florins à 200 ceux qui en con-sommeîaient. Les négociants qui voulu-rent en établir l’usage en Perse, en Tur-quie et à Moscou ne furent pas plus heu-reux. Amurat IV, roi de Perse, le dé-fendit sous peine d’avoir le nez ou leslèvres coupés. Toutes ces persécutionscependant furent sans effet, et aujour-d’hui l’usage du Tabac est tel que laPrance consomme annuellement 17 mil-lions environ de kilogr. de Tabac fabri-qué de toutes espèces.
Mais par suite des déchets auxquelscette fabrication donne lieu, la consom-mation exige un approvisionnement de2-1,500,000 kilogr. de fenil, que l’admi-nistration des Tabacs se procure tant enEurope qu’il l’étranger pour une sommede 23,700,000 fr. environ. T.o transportet les frais de fabrication sont, pour ces24,500,000 kilogr., de 8,700,000 fr.;ils représentent donc une valeur de32,400,000 fr. qui, par la consomma-n°e’ l )rot l»it la somme énorme de
1.9,400,000 francs. En déduisant les000,000 fr. accordés comme remisese«x débitants et les 34,000,000 fr.(lâchât et de frais de fabrication, on'mit que l’usage du Tabac ett Francemuniit au Trésor un revenu net de(7,000,000 fr. environ.
Dans ces dernières années, la con-sommation du Tabac a pris en France lln tr Ç s grand développement. En 1815et 1816, la moyenne des quantités ven-des annuellement ne dépassait pas 10millions de kilogr. donnant un bénéficenet de 32,500,000 fr. De 1816 h. 1835,celle moyenne n’a été que de 12 mil-lll.
lions de kilogr. dont le produit net avarié de 40 il 51 millions de francs. Apartir de 1836, les ventes se sont ac-crues de 500,000 kilogr. environ paran, et le bénéfice net de 10,500,000 fr.par chaque période de 4 ans. En 1843,les approvisionnements ont été de24,549,416 kilogr. pour la somme de23,79 i ,7 i 7 fr.; sur cette quantité, laFrance a fourni 11,076,715 kilogr. defeuilles pour une valeur de 7,666,722fr.; l’Amérique , 11,179,308 kilogr. defeuilles, pour une valeur de 9,397,495fr., et 182,100 kilogr. de cigares Ha-vane, pour 4,923,715 fr. La vente deTabac fabriqué, cigares compris, aété, pour cette même année 1843, de17,069,262 kilogr. qui ont coûté aiixconsommateurs 119,428,996 fr., et surlequel le gouvernement a fait un béné-fice net de 77,368,735 fr. En 1844, lesapprovisionnera, ont été de 21,111,970kilogr. pour la somme de 20,600,842 fr.La vente a été de 17,448,202 kil.qui ontcoûté aux consommateurs 122,012,809fr., et qui ont fourni au-Trésor un bé-néfice net de 79,199,379 fr. Sur cettequantité, la consommation du Tabac àpriser a été de 6,743,337 kilogr.; celledu Tabac à fumer, de 10,121,887 kil.;des cigares, do 542,724 kil. (les cigaresde France , c’est-à-dire les cigares an-ciennement a 10 cent, et au-dessous, ysont comptés pour 407,117 kilogr.). En1847, le produit brut de la vente a été115,779,000 fr., le bénéfice net de85,900,000 fr. Enfin, depuis l’établis-sement du monopole, en 1811, jusqu’àla fin de 1844, l’impôt du Tabaca donnéun bénéfice net de 1,626,414,000 fr.
On voit par ccs différents tableauxl’importance du commerce des Tabacset l’avantage qu’en peuvent tirer lesgouvernements. Quelques hommes poli-tiques, sacrifiant à leur passion de po-pularité les intérêts de leur pays, ontproposé la suppression de l’impôt duTabac. De pareilles idées ne peuventnaître que dans le cerveau de ces hom-mes malades qui voient le progrès dansla désorganisation complète des finan-ces des Étals. L’usage du Tabac n’estpas nécessaire au bien-être des peuples ;l’impôt qui pèse sur cette substance ne17