Betterave. CHËNOPODIACÉES. Betterave. 683
composition chimique de ces racines estinfluencée par la nature des matièressolubles du sol, il convient de faire at-tention aux engrais qu’il faut employer.Lorsqu’on fait usage de fumiers chauds,soit de bœufs ou de chevaux, le jus desBetteraves renferme de la potasse et del’ammoniaque combinées, qui devien-nent libres par le travail de la fabrica-tion, et qui est très nuisible à la con-fection du sucre. Les engrais les moinsénergiques sont donc préférables pourla fumure du sol destiné à la Betteravesaceharifère.
La variété blanche, dite de Silésie ,et la variété à peau rose et à chair blan-che contiennent plus de matière sucréeque toutes les autres; elles sont, pourcette raison, préférées pour la fabrica-tion du sucre; elles doivent l’être éga-lement pour la nourriture du bétail.
Pour avoir de la graine bien pure, ilest essentiel de recueillir soi-même sasemence. On doit conserver à cet effetquelques pieds qui présentent de bellesracines ni trop longues ni trop courtes,sans ramifications, et qui annoncentune belle végétation. Après en avoir en-*levé les feuilles sans endommager lecollet, on les place debout, dans du sa-ble, en lieu sec, pour les planter auprintemps suivant, dès que les gelées nesont plus à craindre, dans un terrainqui a été fumé depuis quelque temps,et en ne laissant sortir de terre que lecollet. A l’automne, on récolte les grai-nes à mesure qu'elles mûrissent; onpeut les conserver bonnes pendant qua-tre et cinq ans.
Après avoir bien préparé le sol parde bons labours et des hersages, on at-tend que la terre soit échauffée et bienameublie pour faire les semailles; c’estordinairement, pour le nord et le cen-tre de la France , vers la dernière quin-zaine d’avril, et un peu plus tôt pour lemidi. En semant avant cette époque,les graines germent mal et inégalement;plus tard, la sécheresse et les grandeschaleurs peuvent entraver la germina-tion.
On sème soit h la volée, en em-ployant de 10 à 12 kilogr. de grainespar hectare, soit en rayons ou en li-
gnes, ce qui ne prend que de 5 b 6 ki-logr. de graines pour la même étenduede terrain ; mais le premier procédé estmoins avantageux, et n’est plus enusage dans les cultures bien entendues.Pour le semis en rayons, on pratiqueavec la charrue ou un ravonneur dessillons distants les uns des autres de 60à 70 cent, et de 6 cent, de profondeur,dans lesquels on dépose de petitestouffes de trois ou quatre graines en sé-parant chaque touffe par un intervallede 30 cent. Dans la petite culture , onpratique souvent ces sillons ou cordonsavec l’angle d’une houe ou d’un grosbâton, de manière à faire des raies de6 à 7 centimètres de profondeur.
Si le terrain dans lequel on doit cul-tiver la Betterave est humide ou froid,il est convenable de semer en pépinière,dans un sol bien fumé et parfaitementpréparé pour repiquer quand le plana acquis une certaine force. Le repi-quage doit se faire du 15 mai au lajuin, soit au plantoir, soit â la charrue,et par un temps pluvieux. On coupealors les feuilles extérieures a 9 ou 10cent, du collet; on conserve entièrescelles du centre.
Les sarclages et binages sont des opé-rations qui favorisent considérablementle développement des racines ; on doitles commencer dès que les feuilles ontatteint la longueur de 3 à 5 cent., etles répéter assez souvent pour ne ja-mais laisser les mauvaises herbes s’em-parer du sol, ni la terre se durcir ; onles cesse quand les feuilles ont pris undéveloppement qui no permet plus guèreaux autres herbes de croître sous leurombrage. Lors du premier ou deuxièmesarclage, on doit éclaircir le plant, c’est-à-dire que, toutes les fois que plusieursplantes se touchent, il faut arracheravec soin celles qui peuvent nuire auparfait développement d’une racine ; onles extirpe en appuyant au pied de cellequ’on veut conserver, et tirant les au-tres sur le côté en les inclinant.
La Betterave cultivée pour la fabri-cation du sucre doit être arrachée leplus tard possible; en arrachant troptôt, elle perd en volume et en qualité ;de plus, elle se conserve moins bien.