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insipide, et exhale, lorsqu’on la triture,une odeur très passagère de cannelle.Elle est originaire de l’Inde et particu-lièrement du Bengale .
Outre les \ 4 espèces que nous venonsde décrire avec quelque détail, à causede la difficulté qu’on éprouve k les dis-tinguer, il en existe encore à peu prèsun pareil nombre qui sont moins inté-ressantes, surtout moins connues, etdont quelques-unes semblent n’être quede simples variétés; nous nous borne-rons ù citer les suivantes, qui peuvent,d’un jour à l’autre, être introduites dansles jardins de l’Europe ou s’y rencon-trent peut-être déjà; ce sont les C. Cap -paru-coronde, Buzania, Malabalhrum,sulphuraium, vimincum et caudaium.
Histoire et culture. — On ne peutguère douter que les Grecs et les Ro-mains n’aient eu connaissance d’unepartie des épices fournis par les Lauri-nées de 1*Inde , et que leur Cassia ouCasia ne fût l’écorce que nous connais-sons aujourd’hui sous le nom de Can-nelle de Cetjlan. Il paraît même, d'a-près un passage de Columelle , que l’ar-bre qui la produit était cultivé à Rome dans les jardins de quelques curieux.Quoi qu’il en soit, l’origine de leur cul-ture sc perd dans la nuit des temps etremonte, selon toute vraisemblance, à ll’époque de l’antique civilisation del’Inde . C’est seulement lorsque les vais- -seaux de Vasco de Gama eurent doubléie cap de Bonne-Espôrauec et frayé laroute de l’Asie équatoriale à l’Europe que l’on acquit des connaissances posi-tives sur les arbres à cannelle;el les Por-tugais , qui les premiers établirent leurdomination dans ces contrées, n’eurentgarde de laisser échapper le monopoled’une denrée d’une si haute valeur com-merciale. Ils le conservèrent jusquesur la fin du dix-septième siècle, épo-que où il leur fut enlevé par les Hol-landais.
Pendant bien des siècles, l’île de Ccy-lan avait clé seule en possession de laculture du Cannellier par excellence, leRowe corondé des indigènes, le Cm -namomum Zeylanicurn des botanistes ,laissant à l’Inde continentale le soin deproduire les qualités inférieures. Lors-
Cannellier,
que les Hollandais se furent rendus maî-tres de l’île, ils n’hésitèrent pas, afinde s’assurer exclusivement les bénéficesd’un commerce alors extrêmement lu-cratif, à anéantir toutes les plantationsde Cannelliers qui y existaient, ne ré-servant que ce qu’il en fallait pour ali-menter la consommation générale, etpour atteindre plus sûrement ce but ilsdépossédèrent encore les Portugais duroyaume de Cochin, sur la côte du Ma-labar, afin d’y détruire toutes Ica planta-tions do Cannelliers sauvages dont l’ex-ploitation eût pu faire concurrence kla leur. Aujourd’hui les plantations dei’îledcCevlan sont encore resserrées dansles mêmes limites qu’il y a un siècle etdemi ; elles n’occupent guère qu’un es-pace d’une quinzaine de lieues dans lapartie occidentale de l’île au voisinagede Colombo; mais par compensationles arbres heam'elle ont été transportésdans les colonies européennes de l’A-mérique où ieur culture est aujour-d’hui florissante. Les Français l’ont in-troduite les premiers dans les îles Mas-carignes; un peu plus tard les Portugais la portèrent au Brésil, et les Anglais aux Antilles.Le commerce delà cannellene saurait donc plus désormais être lemonopole d’aucune nation.
La culturelles Cannelliers, partout oùle climat permet de l'entreprendre, seborne, pour ainsi dire, a la plantationdes arbres et à l’exploitation de leursécorces. Néanmoins la nature du sol,la température, l’exposition et les au-tres circonstances analogues influentconsidérablement sur la qualité et laprécocité des produits. Dans les sols lé-gers, riches en humus et découverts,les Cannelliers peuvent être exploitésdès la quatrième année de plantation ;au contraire, dans les terres compactes,humides et situées au voisinage degrands arbres qui leur dérobent unepartie du soleil, leur croissance est tou-jours retardée de deux ou trois ans, etleurs écorces sont beaucoup moins aro-matiques. La jeunesse des sujets estaussi un avantage; on a remarqué queles Cannelliers sont d’autant moins ri-ches en essences qu’ils sont chargésd’un plus grand nombre d’années.
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