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Tome troisième.
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Cannellier. LAURINEES. Camphrier. 743

I.es Cannelliers fleurissent en févrieret en mars. C’est après la chute desfleurs, c’est-ii-dire en avril, que com-mence la première récolte, qui se pour-suit, pendant toute la mousson plu-vieuse , jusqu’au mois d’août. Une se-conde récolte, mais moins importante,se fait de novembre en janvier, pen-dant la mousson sèche. Pour procéderà l’exploitation, les ouvriers se serventde couteaux ou de serpettes tranchan-tes surtout a la pointe, avec lesquels ilscernent l’écorce aux deux extrémitésd’un entre-nœud ou, pour mieux dire,entre deux rameaux ; puis, faisant unetroisième incision dans le sens longitu-dinal, ils détachent le morceau d’écorceen une seule pièce rectangulaire quitend, par son élasticité propre, a re-prendre la forme de la branche, et quesa dessiccalion au soleil achève de rou-ler en une sorte de tube. C’est h cetteforme de cylindre creux qu’est dû lenom de cannelle, d'un mot italien quisignifie luyau (en celtique, «mn veutdire roseau, et par extension tout cy-lindre fistuleux). Pour une raison sem-blable, les anciens avaient ajouté l’épi-thète de fistula U ces écorces que leurenvoyait l’Orient, ce qui annonce quel’extraction de l’écorce du Cannellier sefaisait, dans les anciens temps, par lesmêmes procédés qu’aujourd’hui.

I.es parallélogrammes d’écorce déta-chés des Cannelliers ont des largeursdifférentes, suivant le calibre des bran-ches qui les ont fournis. Ceux des bran-ches les plus jeunes sont nécessaire-ment les plus étroits, et forment descylindres plus petits que ceux des bran-ches plus volumineuses. Lorsqu’ils sontsuffisamment secs et roulés, on les em-boîte les uns dans les autres,et on achèvede remplir les interstices en y insérantles fragments qui se sont détachés ac-cidentellement pendant la manipula-tion. Il est de ces écorces roulées quin’ont guère que l’épaisseur d’une feuillede papier : ce sont ordinairement lesplus riches en principes aromatiques.I-es vieux troncs de Cannelliers, qu’ondécortique lorsqu’on veut détruire uneplantation pour la remplacer par uneautre, ne donnent qu’une cannelle gros-

sière et de la dernière qualité; c’estcelle que les Portugais ont nommée ca-nela do mato (cannelle de bois), et quiest connue dans le commerce sous lenom de cannelle malle.

La denrée qui circule sous le nom deFeuille d'Inde, Feuille de Ualabaire , etqui est surtout employée en pharmacie,est un autre produit des Cannelliers. D’a-près Nées d’IÜsenheck, ces feuilles des-séchées proviendraient de plusieurs es-pèces distinctes, particulièrement desCinnamomum Tamala, albiflorum, niii-dum, obtusifolium et iners. SuivantM. Guibourt, qui n’a pu apercevoir dedifférence sensible entre les diversesvariétés de malabatre qu’il a exami-nées, elles seraient le produit d’uneseule espèce, qu’il croit être le Kaioukarua de Rheedo, ou Laurtis Malaba-ihrum de Burman, espèce qui serait en-core la même que le Cinnamomum inersde Blume, et qui fournirait en outrecette cannelle grossière connue sous lenom de Cassia liynea. Au reste, ce nesont pas les seules divergences d’o-pinion qui existent entre les auteursqui ont traité des Cannelliers et de leursproduits. 11 reste encore beaucoup d’au-tres obscurités à éclaircir sur leur his-toire.

En Europe , la culture des Cannelliersne saurait être qu’une culture d’agré-ment ou de curiosité. Quelques-unes deleurs espèces peuvent croître ii l’airlibre sous le climat tiède des provincesles plus méridionales, en Andalousie ,en Sicile et même jusqu’en Provence .Le Cannellier de Ceylan a été introduitavec quelque succès au jardin de la pé-pinière centrale du gouvernement, àAlger ; mais il ne parait pas qu’il puissejouer, daus notre colonie, le rôle d’ar-bre à épices. Sous le climat de Paris ,tous ces arbres appartiennent il la serrechaude ou tout au moins à la serre tem-pérée.

TRIBU II. — CA MP H ORÉES.

CAMPIIOREÆ Nées.

Fleurs hermaphr.; staminodes parfaits;anthères à 4 loges et à 4 valvules :les intérieures exlrorses ; périanlheà limbe caduc. —Arbres de l’Asie