h LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS .
volumes aux écoles du cloître; et la lecture des différents documents qui composentle cartulaire de Notre-Dame nous a révélé, à cet égard, une circonstance qui n’apas été remarquée jusqu’ici, c’est que les livres composant la bibliothèque del’église furent, au moins depuis le xm e siècle, mis à la disposition des écolierssans fortune. Nous reviendrons tout à l’heure sur ce point.
La bibliothèque du cloître Notre-Dame dut se former lentement, par une mul-titude de petites donations particulières. On sait que les étudiants eux-mêmess’efforcaient de faire des copies, et reconnaissaient parfois de cette manière lessoins apportés à leur instruction.
Il est, au reste, tout à fait impossible de déterminer d’une manière positive lescommencements de la collection rassemblée à Notre-Dame . Nous trouvons bien,dans le nécrologe, à la date du h février (991), la mention suivante: ccObijttf Gilebertus, episcopus, qui dédit nobis casulam et duas capas pallij, cum biblio-cc thecv (] ), n mais, à cette époque, le mot bibliolheca désignait presque toujours laBible; et la donation de ce Gilbert, qui fut le soixantième évêque de Paris , étaitévidemment destinée plutôt au service de l’église qu’à l’accroissement d’une col-lection de livres, qui, suivant toute apparence, n’existait pas encore. On peut endire autant de toutes les libéralités de la même nature qui se succédèrent jus-qu’à la fin du xu e siècle; il n’y est guère question d’ailleurs que d’ouvrages litur-giques. Le 8 janvier 1167, Thibaud, soixante et onzième évêque de Paris , laisseà son église trois volumes de ce genre Le 3 mai 1 160, le célèbre Pierre Lom-
(1) Necrologium ecclesiœ Parisiensis, 11 nonas fe-bruarij, fol. 1 5 k. — Mentionné aussi dans le Galliacliristiana, t. VII, col. hû.
Le nécrologe de Notre Dame de Paris est aujour-d'hui conservé à la Bibliothèque impériale, fondslatin, n° 5 1 85 GC. C’est un bel in-folio sur vélin,dont, les feuillets sont numérotés de 1 à 358 . L’é-criture nous a paru dater de la tin du xm e siècle,mais il y a de nombreuses additions, dont quelques-unes sont évidemment du xv e siècle. Le volumerenferme d abord un calendrier, les canons de primeet un martyrologe; vient ensuite le nécrologe, quiest suivi de plusieurs règlements relatifs à l’église.
La Bibliothèque impériale possède encore dansle fondslatin, n° 5658 B, in-1 2, vélin, de 188 pages,un autre nécrologe de Notre-Dame , mais beaucoupmoins complet que le précédent. On trouve enfindes extraits assez étendus du nécrologe de l’églisede Paris dans deux manuscrits de la même biblio-thèque : le premier est dans le fonds de l’Oratoire,n° 2/18, in-8°; le second dans le fonds de la Sor-bonne , n° 11 o 5 , in-folio.
(2) rrObijt Theobaldus, Parisiensis episcopus,
«qui dédit nobis... très libros, duos passionales, etccunum qui dicitur Marlinellus.» ( Necrologium ec-clesiœ Parisiensis, vi id. januarij, fol. là 3 . —Mentionné aussi dans le Gallia cliristiana, t. VH,col. 67. )
Nous avons vainement fait de longues recherchespour découvrir quel était l’ouvrage désigné auxu“ et au xui e siècle sous ces titres : Marlinellus ,Martinulus ou Martinetus. Suivant Ducange , on in-diquait ainsi la Chronique des Papes de Martin lePolonais; on lit en effet dans le Glossarium infimwlatinitatis, au mot Martiniana : etChronicon MartinicrPoloni, idem qui Martinulus dicitur in Indice li-re brorum ad calcem antiquissimi Ponlificalis lileristtSaxonicis exarati, et Martinellus in Necrologioet ms. eccl. Paris , vi id. jan. : Dédit eliam très li-er bros, duos passionales, et unumqui dicitur Mar-te tinellus.n C’est donc bien évidemment à l’ouvragedont il est ici question que Ducange fait allusion ;mais l’examen des dates rend son explication toutà fait inadmissible. La donation rapportée ici estdu 8 janvier 1157, et il ne saurait y avoir aucundoute à cet égard, car, suivant toutes les chronolo-