cloître, dans la partie nommée Tresanliœ, et les écoliers avaient le droit de logerdans les maisons claustrales. Cette faculté leur ayant été retirée vers l’an 1127,à la suite d’un accord fait entre l’évêque et le Chapitre (' 1 , l’évêque Etienne deSenlis choisit, pour y établir les écoles, un emplacement qu’il fit couvrir et quiétait situé dans l’enceinte du cloître, à côté de la cour épiscopale (2) . Quelqueschanoines continuèrent cependant, mais par exception, à donner des leçons dansleurs propres maisons^.
Nous avons dit que le goût de l’instruction s’était réveillé vers la fin du x° siècle.Des professeurs suivis d’une foule d’auditeurs de tout âge et de toute conditionparcouraient les provinces, donnant des leçons sur les places publiques et mêmeeu pleine campagne. Au xn e siècle, l’enseignement se concentra surtout dans Paris ,qui, sous la parole éloquente d’Anselme, de Guillaume de Champeaux , et surtoutd’Abélard, devint rapidement le foyer intellectuel de l’Europe. A Notre-Dame , àSaint-Victor, à Sainte-Geneviève affluaient des milliers d’étudiants, venus non-seulement des provinces de France, mais encore d’Italie , d’Angleterre et desautres États du Nord (,|) .
Malheureusement les livres élaient fort rares et fort chers, et presque tous lesécoliers devaient se contenter des cahiers qu’ils rédigeaient en classe, sous la dictéede leurs professeurs^. On s’efforça donc, dès l’origine, de rassembler quelques
fixée par le Chapitre. (Voy. Parvum Pastorale eccle-stœ Parisiensis : charte du 17 juin 911 ; MagnumPastorale ecclesiœ Parisiensis : Slatutum de venditionedomorum claustri Parisiensis; et J. Dubreul, Theatredes anliquilez de la ville de Paris, p. 4 a.)
(l) Jusqu’à la création de la Sorbonne (ia 5 o),aucun college spécial n’existait à Paris pour lesétudiants en théologie. Le nombre immense d’éco-liers qui suivait les cours de la capitale ne pouvaitdonc se loger que chez des bourgeois, et il en ré-sulta souvent de graves désordres. Jacques de Vi-h'v s’en était plaint énergiquement : «Dans une"même maison, dit-il, au premier étage sont des"écoles, et au rez-de-chaussée des lieux de dé-bauche.» Ajoutons que les propriétaires abusaientparfois de la nécessité où étaient les écoliers de ve-nir habiter chez eux. L’Université dut alors se char-ger de taxer les loyers ; mais les propriétaires récla-mèrent, et il fallut une bulle pontificale pour réglerfa question : Grégoire IX ordonna que le prix deslogements serait fixé au sein d’une commissioncomposée de deux maîtres de l’Université et de deuxbourgeois élus par leurs confrères. (Voyez Dubou-fay, Iiistoria Universitatis Parisiensis, t. II, p. 687,et t. III, p, g 2 . —Grevier, Histoire de l’Universitéde Paris, t. I", p . 35g.)
(2) crDiscreta etenim providentia tam venerabilis"Stephani, Parisiensis episcopi, quam conventustrParisiensis ecclesie, evitando molestiam et inquiè-te tationem claustro inferri, staluendo concessit, uttmeque .scolares extranei in domibus claustri ulte-trrius hospitarenlur, neque in ilia parte claustri quaittvulgo Tresantiæ nominanlur deinceps logèrenttmeque scolebaberentur; sed amore et gratia domnitrStephani presulis, infra ambitumclaustri, quidamtrlocus adherens episcopali curie, per quam introi-trlum et exitum scolares habebant, ex communi as-ttsensu episcopi et Capitulielectus et coopertus est,ttin quo scole ecclesie deinceps tenerentur et rege-ttrentur.» (Parvum Pastorale ecclesiœ Parisiensis:De pace reformata inter domnum Slephanum, Pari-siensem episcopum, et Beale Marie Parisiensis ecclc-sie Capilulum. )
(,1) Cl. Joly, Des écoles épiscopales et ecclésias-tiques, p. 21 5 . — Grancolas, Histoire de l’Égliseet de l’Université de Paris, t. I", p. 46 9.
(1) Nous en avons retrouvé la trace dans les né-crologes de plusieurs abbayes. (Voyez ci-après nosnotices sur la bibliothèque de Sainte-Geneviève etsur celle de Saint-Victor.)
<5) Crevier, Histoire de l’Université de Paris,t. Il, p. 4 7 .